Le décès d’un membre de la famille
C’était mon anniversaire la fin de semaine dernière, et j’aurais aimé qu’il soit là. Il va manquer tellement de choses, et c’est vraiment dommage. Alors, tout est comme aigre-doux, si on veut. - Un·e membre de famille
Quelle que soit la cause du décès, il peut être très difficile pour le parent endeuillé par la mort de son ou sa partenaire d’aider ses enfants ou ses ados à vivre leur deuil. La vie quotidienne peut être sérieusement perturbée. Pour sécuriser vos enfants, tâchez le plus possible de garder les mêmes routines, de maintenir les mêmes limites et d’avoir les mêmes attentes.
Le deuil des enfants n’est pas toujours apparent, car ils le ressentent différemment des adultes. Parfois, les enfants expriment leur chagrin par des comportements troublants. D’autres se comporteront irréprochablement pour ne pas ajouter au stress de la famille.
Stratégies : Ce qu’on peut faire
Voici quelques suggestions tirées de DeuilDesEnfants.ca.
Développez le vocabulaire émotionnel de votre enfant
Aidez vos enfants à développer leur vocabulaire émotionnel.
- Le vocabulaire émotionnel correspond à la capacité de nommer ses émotions.
Je suis en colère.
Je suis triste.
Je suis inquiet.
- Quand les enfants sont capables de mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, ils comprennent mieux leurs émotions, qui deviennent aussi moins lourdes à supporter.
- Dites-leur que les adultes ressentent aussi ces émotions.
Décrivez ce que vous observez
Lorsqu’un enfant exprime son chagrin, il est bon qu’un de ses parents ou un autre adulte de confiance :
- Observe calmement la scène.
- Lui décrit ce qu’il voit l’enfant faire.
- Lui suggère au besoin des façons plus saines d’exprimer son chagrin.
Vous pourriez dire :
« Aïe! Tu tapes vraiment fort sur ton oreiller. »
« Tu as le même visage que quand tu es très en colère. »
« Essayons de voir ce qu’on peut faire pour éviter que tu te fasses mal et t’aider à te calmer. »
« Je vois que tu passes beaucoup de temps seule dans ta chambre ces jours-ci. On dirait que tu as besoin de beaucoup de sommeil depuis que ta mère est morte. »
Expliquez la différence entre les émotions et les comportements
Expliquez-lui que tout ce qu’il ressent est important et qu’il faut y prêter attention, mais que certains comportements ne sont pas acceptables.
- Par exemple, c’est correct d’être en colère, mais ce n’est pas correct de frapper ton petit frère ou ta petite sœur.
Cernez les besoins de votre enfant
Tâchez d’identifier les émotions et les besoins derrière le comportement de votre enfant, puis trouvez des façons de répondre à ces besoins.
- Par exemple, si votre enfant s’accroche à vous lorsque vous le déposez à la garderie, c’est peut-être qu’il a peur que vous mouriez aussi. Demandez-lui :
« Est-ce que ça t’inquiète quand je dis au revoir à l’école? »
Trouvez des solutions acceptables
Réfléchissez ensemble à des façons de composer avec des émotions difficiles, comme la colère, la peur ou la tristesse. Discutez de façons d’exprimer sainement ces émotions sans s’en prendre à qui que ce soit, y compris à soi-même, à une autre personne, à un animal de compagnie ou à un objet (p. ex. jouet). Pour certains enfants, il peut être utile :
- de parler à une personne de confiance.
- d’exprimer leurs émotions par écrit ou sous forme de dessin.
- de pleurer - seuls ou avec quelqu’un.
- de regarder des photos de la personne qui leur manque ou de fouiller dans une boîte de souvenirs.
- de serrer contre eux un objet qui appartenait à la personne ou de s’envelopper dans une couverture fabriquée à partir de ses vêtements.
Dressez avec votre enfant une liste de remèdes contre le chagrin et une liste de remèdes contre la colère.
- Faites-les lui signer.
- Placez-les à la vue, par exemple sur le frigo ou sur sa porte de chambre.
- Faites de même vous aussi, pour donner le bon exemple.
Attendez que les choses se calment
Il est difficile d’aider un enfant à trouver d’autres moyens d’exprimer son chagrin lorsqu’il est en plein débordement d’émotions. Mieux vaut attendre qu’il retrouve son calme. En attendant :
- Restez avec votre enfant.
- Sachez que c’est correct de ne rien dire du tout.
- Regardez-le exprimer ses émotions.
- Assurez-vous qu’il ne se fasse pas de mal et qu’il n’en fasse à personne d’autre.
- Quand votre enfant aura retrouvé son calme et qu’il sera apte à vous entendre, dites-lui que vous êtes là pour lui et qu’il est normal qu’il se sente ainsi.
Parlez aux enseignants de votre enfant
Si votre enfant a de la difficulté à l’école, il serait peut-être bon de donner à ses enseignants un répertoire d’activités à lui proposer pour lui permettre d’apaiser son chagrin et sa colère.
Faites appel à des services de soutien aux enfants endeuillés
Dans certains cas, il peut être bénéfique pour un enfant de recevoir une aide extérieure ou de passer du temps avec d’autres enfants endeuillés. Il peut s’agir :
- de groupes de soutien aux enfants endeuillés.
- de camps pour enfants endeuillés.
- de consultations privées avec un spécialiste du deuil chez les enfants.
Si vous allez consulter pour vous-même, dites-le à vos enfants. C’est une autre façon de donner le bon exemple.