Des séparations longues, fréquentes ou imprévisibles
Je pense que ça m’a beaucoup affecté d’être longtemps dans l’impossibilité de lui parler. Pendant six mois, je n’ai pas eu de figure paternelle pour me guider. Il était là, mais je ne pouvais pas lui parler n’importe quand. Et je n’ai pas appris à faire du vélo avant d’avoir 14 ou 15 ans, parce qu’il était toujours absent. Il n’avait pas le temps, et ça n’avait pas tant d’importance quand il était là. - Un·e membre de famille
Les périodes prolongées ou fréquentes de séparation d’un parent peuvent avoir un impact sur les enfants et les ados. Dans les FAC, les déploiements peuvent être très soudains, parfois à quelques jours d’avis, ce qui donne peu de temps à la famille pour se faire à l’idée de la séparation et s’y préparer. Les enfants et les ados de membres de la GRC éprouvent aussi une perte quand leur parent travaille par postes et fait de longues heures, qu’il ou elle s’absente pour un entraînement ou une affectation ou qu’une affaire difficile l’occupe et réduit sa disponibilité. Il pourrait vous être utile de réexaminer la liste des sentiments, réflexions et comportements que les enfants peuvent avoir face au deuil, car les absences de ce genre sont aussi vécues comme des pertes.
La plupart des enfants de membres des FAC ou de la GRC apprennent à composer avec l’incertitude et les absences, mais le fait de reconnaître leur sentiment de perte et de deuil les aidera grandement à s’adapter.
L’autre parent
C’était dur pour ma mère d’essayer de tout gérer à la maison avec trois jeunes enfants. Je me souviens qu’elle était plutôt stressée à l’époque. - Un·e membre de famille
Les enfants s’aperçoivent que l’autre parent doit supporter un fardeau plus lourd et peuvent réagir de diverses façons. Certains sont en colère, d’autres sont tristes, d’autres encore se donnent la responsabilité de donner un coup de main. Vous pourriez remarquer que votre enfant ressent le besoin de vous « protéger » de ses propres problèmes pour éviter d’alourdir davantage votre fardeau. Toutes ces réactions peuvent se produire en même temps.
Stratégies : Ce qu’on peut faire
- Reconnaissez son sentiment de perte et dites-lui que vous en avez conscience.
- Invitez-le à parler de ce qu’il ressent et modelez cette conversation en lui parlant de ce que vous ressentez vous-même.
- Pour l’encourager, rappelez-lui comme il a bien su s’adapter, avec le temps, après d’autres déménagements.
- Laissez votre enfant vivre sa vie d’enfant. Dites-lui merci de vouloir vous aider et de s’inquiéter de vous, mais donnez-lui le temps de vivre son enfance et de s’amuser avec ses camarades.
- Donnez-lui le temps et l’espace nécessaires pour s’ajuster.
- Encouragez votre enfant à se livrer à ses activités préférées dans son nouveau milieu.
- Sollicitez l’aide et l’appui des enseignants et des intervenants scolaires.