Prendre soin de vous-même et de votre famille

Nous ne sommes pas doués pour promouvoir l’égoïsme, parce que ça va à l’encontre de TOUT ce qui est militaire. En fait, presque tout dans le monde nous dit que c’est un défaut. J’ai donc dû reprogrammer mon cerveau, en quelque sorte, et me dire : « Il n’y a pas que ça dans la vie, et c’est le temps d’être loyal envers MOI. De quoi ai-je besoin? » - Un·e vétéran·e des forces armées

Prendre soin de soi-même, ce n’est pas de l’égoïsme. Si nous ne prenons pas soin de nous-mêmes, nous ne serons d’aucune utilité pour les autres. Pensons aux consignes de sécurité en avion, qui nous enjoignent de mettre notre masque à oxygène avant d’aider quelqu’un d’autre à mettre le sien. Vous devez vous réapprovisionner, sinon vous n’aurez rien à donner aux autres. Si vous ne remplissez pas la cruche d’eau, il finira par ne plus y en avoir quand vous ou quelqu’un d’autre aurez soif.

Au début, il peut être malaisant de penser à combler vos propres besoins, surtout quand votre formation et votre carrière vous ont appris à penser à vous-même en dernier.

C’est difficile, quand on est soldat, de penser à soi-même quand on cherche à savoir ce qu’on veut faire du reste de sa vie, parce qu’il a toujours été question d’investir dans une équipe. Ça ne m’intéressait pas beaucoup d’investir dans moi-même. - Un·e vétéran·e des forces armées

Si vous continuez de penser d’abord aux autres, vous n’aurez bientôt plus rien à donner. Prendre soin de votre bien-être physique, émotionnel, mental et spirituel peut parfois être le plus beau cadeau à faire aux gens que vous aimez le plus.

Penser à sa famille

J’ai fait une rotation après l’autre depuis l’âge de 18 ans. J’ai toujours eu le même sentiment du devoir patriotique, et la volonté de servir mon pays; je ne suis pas certain que ça existe encore. Il s’agissait de faire tout ce que je pouvais […] mais le Rwanda m’a littéralement scié les jambes. Pendant toute cette période, j’étais confronté à des traumatismes et je les repoussais. Mais j’étais un travailleur exceptionnel, alors j’ai consacré toute mon attention à être exceptionnel. Mais j’ai fini par voir que je négligeais tous les aspects de ma vie personnelle. - Un·e vétéran·e des forces armées

Les responsabilités de votre service peuvent vous avoir rendu·e moins disponible pour votre partenaire de vie ou vos enfants. Votre partenaire a peut-être écopé de l’essentiel des tâches parentales et du maintien de vos relations et de votre famille.

Maintenant que vous n’êtes plus en service actif, vous serez en meilleure position pour comprendre vos propres besoins et désirs et ceux de votre famille (ou de ce qui en tient lieu). Cela nécessitera plusieurs conversations – et beaucoup d’écoute – avec votre partenaire (le cas échéant) et vos enfants (si vous en avez).

Habituellement, je suis plutôt doué pour juger les gens, et je trouvais que j’avais moi-même un caractère merdique. Je savais ce que je devais faire pour m’en sortir, et je l’ai fait. Il s’agissait de remettre le train sur ses rails, d’être présent pour ma femme et mes enfants et d’essayer de revenir à qui j’étais avant d’être flic. - Un·e vétéran·e de la GRC

Chaque personne, chaque famille réagit différemment à sa détresse, à son deuil et à ceux de la personne vétérane. Il faudra du temps, de la patience et des conversations suivies pour que tout le monde puisse s’ajuster et s’adapter.