Des mesures de soutien qui ne fonctionnent pas
Surtout, je ne voulais pas parler de ce que je vivais parce qu’à la maison, je pouvais être un papa et un mari, pas un soldat ou un vétéran. Même si c’était très dur pour moi, je ne voulais pas que ça change. - Un·e vétéran·e des forces armées
Ce qui fonctionne bien pour certain·es vétéran·es ne fonctionne pas pour d’autres. Aider la personne peut parfois sembler une tâche accablante. Vous pouvez avoir essayé plusieurs moyens sans qu’aucun d’eux ne semble donner de résultats.
Les difficultés émotionnelles vécues par les vétéran·es sont souvent complexes, et les solutions simples ne les apaisent pas. L’une des choses les plus importantes à retenir est qu’il vaut mieux chercher simplement à être ensemble que de ressentir le besoin de « réparer » les choses.
Évitez de donner des conseils
Pour bien des gens, la première réaction naturelle face à une personne en difficulté est de passer en mode solution et de commencer à lui donner des conseils. Cette stratégie est rarement utile, à moins que la personne nous demande des conseils. Conseiller n’est pas la même chose qu’aider. Recevoir des conseils tend à retenir la personne vétérane de s’ouvrir davantage.
Voici quelques exemples de choses à éviter de dire :
- « Il faut que tu pleures pour que ça sorte. »
- « Pourquoi tu ne ferais pas plus souvent des activités qui te plaisaient? »
- « Tu devrais passer plus de temps avec tes amis. »
- « Il faut que tu te changes les idées. Tiens, on va regarder un film. »
Ne minimisez pas son expérience
Quand vous voulez donner de l’espoir ou un point de vue plus positif à votre partenaire, ce que vous lui dites pourrait, sans que vous l’ayez voulu, lui donner l’impression que vous ne comprenez pas l’ampleur de ses difficultés.
Oui, c’est une question d’espoir, mais pas du type Pollyanna. Tu vois ce que je veux dire? Ça va aller mieux quand tu y auras travaillé fort. Ça va aller mieux quand tu seras venu à bout de cette histoire. » Ça ne peut pas se passer comme ça. – Un·e retraité·e de la GRC
Évitez les propos qui :
- minimisent la gravité de l’expérience vécue par la personne vétérane,
- nient la nécessité d’obtenir un soutien additionnel.
Exemples de déclarations minimisantes.
- « Laisse le temps arranger les choses. »
- « Je sais que tu es assez fort·e pour t’en sortir. »
- « Le pire est déjà passé; maintenant, ça peut seulement s’améliorer. »
- « Tu as juste trop de temps libre. »
« L’essentiel, c’est que tu sois en vie et en bonne santé.
- « Tu n’es pas la première personne à avoir vécu une situation difficile. »
- « Essaie encore. Je veux que tu essaies encore. »
- « L’essentiel, c’est que tu sois en vie et en bonne santé. »
- « Tu penses trop. »
Ne comparez pas votre expérience à la sienne
Elle a dit : « Je comprends ce que tu ressens. Je me souviens de ma dépression post-partum; c’était une période difficile. » Je n’ai pas su quoi lui répondre. Je sais qu’elle essaie de m’aider, mais ça ne fait qu’empirer les choses. - Un·e vétéran·e des forces armées
Les vétéran·es peuvent être exposé·es à davantage d’événements traumatisants que d’autres en vivraient en plusieurs vies. Comparer les expériences de la personne à celles vécues par d’autres peut lui donner l’impression que ses difficultés ne sont pas reconnues comme une expérience unique et dévastatrice que peu de gens pourraient vraiment comprendre.
Vous essayez peut-être de vous identifier à l’expérience vécue par votre proche; il se peut aussi que son comportement suscite des sentiments légitimes de frustration et d’épuisement de votre part. De toute façon, ce n’est pas en lui donnant des conseils et en minimisant son expérience que vous atténuerez sa douleur; vous risquez au contraire d’exacerber son sentiment de solitude.