La perte d’un mode de vie

Votre carrière peut vous avoir inculqué une certaine éthique du travail et avoir rythmé votre vie. Elle vous donnait une structure, elle déterminait vos priorités, elle orientait votre trajectoire de vie, elle a été la source d’amitiés profondes, et elle peut avoir influé sur votre façon de consacrer votre temps et votre énergie en dehors des heures de travail. Souvent, quelqu’un d’autre prenait pour vous les grandes décisions de votre vie, par exemple les affectations et les déploiements La sortie de ce mode de vie au rythme rapide, orienté sur les réalisations et axé sur le travail peut devenir une transition bouleversante et désorientante.

Tu sais, j’ai été comme conditionné à penser que le mode de vie militaire est la seule et unique façon de vivre. Et je pense que cela a contribué à mes difficultés dans la vie civile, parce que je ne reconnaissais ni ma personne ni ma vie après mon départ. Je ne savais pas comment exister. - Un·e vétéran·e des forces armées

Vous aviez peut-être hâte de vivre une vie plus tranquille et moins exigeante quand vous avez quitté votre service. Cependant, on peut voir les choses différemment après avoir pris une décision importante. Les FAC et la GRC ont une structure définie dans laquelle beaucoup de gens excellent. La perte de cette structure peut être libératoire, mais elle peut aussi vous faire perdre vos repères et vous plonger dans l’incertitude quant aux moyens de vous motiver. Vous pourriez avoir l’impression d’avoir perdu la force motrice qui animait votre quotidien.

Vous pourriez avoir l’impression d’avoir perdu la force motrice qui animait votre quotidien. Cette idée de liberté, de faire mes propres choix, ça avait quelque chose de terrifiant. Je me débrouillais vraiment bien quand on me disait quoi faire du lundi au vendredi, ou que mon bloc de congé serait à tel moment de l’année, et qu’on m’autorisait à faire une chose ou une autre. Et maintenant? Disons que j’ai du travail à faire pour gérer ma nouvelle indépendance. - Un·e vétéran·e des forces armées

La perte du sentiment de communauté

La perte du sentiment de communauté et de camaraderie, la disparition de la structure organisationnelle et la perte de la finalité et du sens que procure une carrière policière ou militaire sont des pertes profondes évoquées par des personnes vétéranes des FAC et de la GRC. Le deuil est un élément significatif de l’expérience de transition vers la vie civile pour la plupart d’entre elles.

Il y a un deuil chaque fois qu’il y a une perte, que ce soit la perte de ton indépendance financière, de ton sentiment d’appartenance, de ton ancien moi, de tes amis, de tes plans d’avenir, toutes ces choses qui représentent une perte dans la vie des gens. Nous ne sommes pas vraiment portés à l’associer au deuil, mais je pense que le deuil est une source majeure de bien des problèmes de santé mentale. - Un·e vétéran·e des forces armées
Le départ est un deuil. - Un·e vétéran·e des forces armées