Ce que vous pouvez ressentir : l’isolement et l’abandon
Ce que vous pouvez ressentir : l’isolement et l’abandon Comment pouvons-nous nous assurer que les agents de police – et le personnel des services policiers – vivent leur carrière et en sortent comme des personnes qui ont des liens, des champs d’intérêt, qui ont des objectifs et des buts? C’est si important. - Un·e vétéran·e des forces armées
Nous n’avons pas pris notre retraite de l’armée : c’est l’armée qui nous a mis à la retraite. Pour l’essentiel, elle nous abandonne et nous dit de nous débrouiller tout seuls. Il y a un sentiment de déconnexion, et on ne sait pas comment rester connecté. - Un·e vétéran·e des forces armées
La perte de votre famille militaire ou policière et d’autres appuis
Le départ à la retraite des FAC ou de la GRC occasionne souvent un déménagement. Celui-ci peut entraîner la perte de relations importantes et de la famille militaire ou policière qui animait votre vie professionnelle et personnelle. Il peut s’agir, entre autres, des pertes suivantes :
- Des collègues
- Des ami·es
- Le sentiment d’appartenance
- Votre médecin de famille ou un·e autre professionnel·le de la santé
- D’autres soutiens communautaires
Se sentir laissé·e sur la touche
On a déjà décrit les FAC et la GRC comme « un train qui roule à toute vitesse, sans s’arrêter ». Après votre départ, vous pourriez avoir l’impression que ce train a continué d’avancer sans vous.
L’armée est, à plusieurs titres, un filet de sécurité, et puis tout à coup, on t’expulse. Tu peux vraiment avoir l’impression qu’on t’a jeté en pâture aux loups. Quand j’étais dans l’armée, on parlait des gens qui avaient pris leur retraite ou qui avaient été libérés presque comme s’ils étaient morts : « Oh, te souviens-tu quand Untel. » C’est comme si tu n’avais plus d’importance, comme si tu ne faisais plus partie de la discussion. [...] Mais ça n’a rien de malicieux, c’est seulement que tout le monde est si occupé et travaille si fort que personne n’a le temps de garder le contact avec tous ceux qui sont partis. - Un·e vétéran·e des forces armées
Je suis retournée à la base, et je n’avais personne à qui parler, parce que les gens avec qui j’avais travaillé là étaient tous partis. Et je me suis sentie plus seule, un peu comme sur une île déserte. - Un·e vétéran·e des forces armées
Vous pourriez avoir l’impression que votre famille militaire ou policière vous a abandonné·e ou qu’elle vous a laissé·e sur la touche. Vous pourriez sentir qu’on ne vous soutient pas comme on le devrait face aux défis liés au service que vous affrontez depuis votre départ. Si vous avez un plan, c’est une urgence médicale.
- Colère
- Amertume
- Isolement
- Désillusion, du fait qu’on omet de respecter les services que vous avez rendus et de rendre hommage à vos sacrifices.
Je me suis senti étranger et plutôt amer, et j’ai dû gérer une certaine colère. Ce n’était qu’une partie du processus de deuil que je devais reconnaître : ça me fâchait d’avoir été laissé pour compte, et je me sentais vraiment désillusionné parce que tant de gens que j’avais côtoyés de si près n’étaient pas restés en contact. Certains de mes amis avaient parfois l’impression que personne de leur unité ne leur parlait. - Un·e vétéran·e des forces armées
J’ai commencé à me souvenir de la vie dans l’armée et à me dire que ça n’a rien de personnel. Je me rappelle ce que c’était que d’aller sur le terrain, de partir en mission ou de s’entraîner avant un déploiement. Et tu sais, le tempo des opérations est encore aussi exigeant aujourd’hui que dans le temps, alors j’essaie de rationaliser tout ça : « Qu’est-ce que j’ai fait pour les autres? Les gens qui sont partis pendant que j’étais encore en service actif, combien de temps je leur ai consacré? » Alors ça n’a rien de personnel. - Un·e vétéran·e des forces armées
Une fin de carrière blessante ou frustrante
Vous pouvez vous sentir déçu·e, blessé·e ou en colère envers les gens et les institutions qui ont occupé une place centrale dans votre vie. Vous pourriez remettre en question la force même de ces relations.
Quand j’ai quitté le bataillon, il n’y a pas eu de pot d’adieu, je n’ai jamais reçu de certificat, et j’avais été là pendant environ 11 ans. - Un·e vétéran·e des forces armées