La réalité du danger

Nous étions très jeunes, et nous ne comprenions pas tout à fait ce qui se passait en Afghanistan, mais nous savions que des soldats se faisaient tuer là-bas. Évidemment, nous étions inquiets pour papa. Alors oui, c’était [...] c’était dur. - Un·e membre de famille

La menace d’une blessure et même de la mort fait partie de la réalité dans la GRC et les FAC. Les enfants sont très doués pour saisir l’inquiétude, le stress et la crainte pour la sécurité de leur parent. Leur détresse s’accroît si ce qu’ils ressentent, voient et entendent diffère de ce qu’on leur dit.

Stratégies : Ce qu’on peut faire

Aider son enfant à comprendre que ses sentiments sont normaux et naturels compte tenu de la situation peut avoir un effet calmant et l’aider à dissiper la confusion créée par l’intensité de ses propres pensées et sentiments. Selon l’âge et la personnalité de votre enfant, la franchise et le fait de parler de vos moyens de composer avec votre propre anxiété peuvent aussi avoir un effet rassurant : « Moi aussi, des fois, j’ai peur. Tu pourrais peut-être me le dire quand tu as peur, et on pourrait en parler ensemble. »

Amorcer une conversation

  • Offrez aux enfants la possibilité de parler de leurs émotions, mais gardez-vous d’insister. Les forcer à en parler s’ils n’en ont pas envie pourrait avoir l’effet contraire et les amener à se refermer sur eux-mêmes.  
  • Créez des occasions propices à des conversations, par exemple :
    • jouer des jeux de société.
    • passer du temps en nature.
    • cuisiner en famille.
    • faire une randonnée, une promenade à pied ou une balade en voiture.  
  • Quand, dans un livre ou un film, quelqu’un meurt, ou quand votre enfant trouve une mouche morte sur l’appui de la fenêtre, ce peut être une occasion de parler de la mort et du deuil.   

Évitez de dire à votre enfant de ne pas s’inquiéter. Il est important de valider ses craintes, qui sont normales et prévisibles. Il peut être utile de lui demander ce qui l’inquiète plus particulièrement, afin de pouvoir dissiper tout malentendu. Les enfants se demandent souvent qui va s’occuper d’eux s’il arrive quelque chose à un de leurs parents ou aux deux. En l’informant des plans que vous avez mis en place, vous pouvez l’aider à se sentir en sécurité.

Vous pourriez lui dire, par exemple :

« C’est normal que ça t’inquiète. Des fois, ça m’inquiète, moi aussi. Mais je te promets de te le dire si jamais il arrive quelque chose. Pour le moment, on va se concentrer sur aujourd’hui et sur ce qu’on peut contrôler. »

Vous pouvez lui donner des exemples ou l’aider à vous dire ce que vous contrôlez tous les deux dans votre vie : ce que nous allons faire aujourd’hui, ce que nous allons manger aujourd’hui, les amis avec qui tu vas jouer aujourd’hui, les jouets avec lesquels tu vas jouer, etc.