Parlez du deuil avec votre famille

L’étape suivante de la reconnaissance de votre deuil consiste à déterminer comment il vous affecte, vous et votre famille.

Posez-vous les questions suivantes :

  • Comment réagissez-vous à votre deuil?
  • En quoi ces changements et ces réactions influent-ils sur votre vie?
  • En quoi avez-vous changé?
  • Est-ce que votre famille et vos ami·es se sont inquiété·es de vous ou de votre comportement?
  • Est-ce que vos moyens de composer avec votre deuil fonctionnent pour vous? Fonctionnent-ils pour votre famille?

Parfois, il faut vaincre sa fierté ou sa honte pour réussir à discuter franchement et à écouter les préoccupations exprimées par la famille et les ami·es.

C’est le deuil qu’il fallait que je connaisse pour pouvoir guérir et repartir à zéro. J’ai été capable de chercher de nouveaux moyens d’être et de renouer avec mon mari pour recréer ce que nous avions perdu. La reconnaissance du fait que nous avions perdu quelque chose a été la clé pour nous deux. Ça a créé un sentiment d’opportunité, et nous avons réussi à en tirer quelque chose, car nous savons maintenant que le deuil est un phénomène transitoire. Je pense que le point essentiel, c’est l’acceptation et la reconnaissance des faits. - Un·e vétéran·e de la GRC

Encouragez votre famille à discuter des effets

Les relations conjugales et familiales comportent certains défis, et la vie dans les FAC ou la GRC peut ajouter des pressions supplémentaires.

Nous vous encourageons à lire l'Impact du service sur les familles afin de mieux comprendre les impacts courants de la carrière policière ou militaire sur les conjoints, les couples et les familles.

Il est possible qu’au fil des ans, votre couple et votre famille aient trouvé des moyens de maintenir des communications franches et ouvertes. Pour d’autres, le silence, la protection et le ressentiment peuvent avoir compliqué ou empêché les discussions sur les problèmes : il arrive que chaque personne ait l’impression de marcher sur des œufs et craigne d’empirer la situation.

Ouvrez des voies de communication

Des membres de familles de personnes vétéranes ont dit que leur proche ne parlait pas de ses problèmes, croyant à tort que ce serait plus facile pour la famille et cherchant, en fait, à la « protéger ». En réalité, ces personnes pensent que cette stratégie est une source de confusion et d’isolement. Il faut du courage et de la détermination de la part de toutes les parties pour parler de « l’éléphant dans la pièce ». Vous pourriez commencer par convenir de traiter un problème à la fois.

Il peut être exigeant de parler franchement, d’écouter avec une bonne ouverture d’esprit et de renoncer à rester sur la défensive. Prenez l’engagement mutuel de faire une pause si la conversation s’échauffe. Rappelez-vous qu’il ne s’agit aucunement de blâmer qui que ce soit. Il s’agit de reconnaître ce qui ne fonctionne pas, d’arriver à s’entendre sur le fait qu’il est prioritaire d’améliorer la situation, puis de trouver des stratégies utiles et de s’engager à les appliquer. Tout cela ne se fait pas en une seule conversation. Il faudra peut-être toute une série de discussions très intenses.

Comment arriver à dialoguer

Il peut être difficile de tenir ces conversations, surtout si votre couple ou votre famille a pris l’habitude d’éviter les sujets difficiles.

Voici quelques moyens qui pourront vous aider à établir un cadre propice à un climat de confiance et à des conversations difficiles.

  • Choisissez un moment où vous êtes relativement calme et où il n’y a pas de source de distraction, et trouvez un espace où démarrer la conversation dans l’intimité.
  • Vous pourriez dire quelque chose comme : « Toi et notre famille, vous me tenez tellement à cœur! Je veux essayer avec toi d’améliorer la situation pour toute la famille. »
  • Pratiquez l’écoute active. Évitez d’interrompre votre partenaire. Accordez-lui toute votre attention. Regardez votre partenaire dans les yeux, hochez la tête pour lui montrer que vous l’écoutez, et répétez-lui ce que vous avez entendu pour lui montrer que vous comprenez.
  • Soyez à l’écoute de ses besoins et trouvez des solutions qui fonctionnent pour vous deux. 

Comment parler aux enfants et aux jeunes

Pensez à inclure vos enfants dans vos conversations sur les choses qui les affectent, en tenant compte de leur âge. Vous les aiderez ainsi à avoir confiance en vous, à sentir qu’ils et elles font partie intégrante de votre famille, et à comprendre l’importance de s’épauler quand les temps sont difficiles. Vous pourrez aussi renforcer leurs habiletés de communication, ce qui leur sera utile toute leur vie. Le fait que vos enfants sachent que leurs sentiments, leurs préoccupations et leurs idées ont de l’importance et de la valeur ne fera que renforcer votre relation.

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Comment parler ouvertement de vos problèmes de BSO ou de TSPT

Je le leur ai dit dès le départ. J’ai du mal à supporter les bruits intenses. Ils me rappellent l’explosion qui a tué mon ami et qui m’a rendu sourd pendant un bout de temps. Je vais essayer de me maîtriser, mais ça se peut que je vous crie après si vous faites trop de bruit. - Un·e vétéran·e des forces armées

 Si vous êtes aux prises avec une BSO ou un TSPT, il est important d’en parler avec votre famille. Vous pouvez vous en tenir aux grandes lignes, sans entrer dans les détails. Ainsi, les membres de votre famille auront plus de chances de comprendre ce qui se passe si un déclencheur vous affecte ou si vous avez un violent accès de colère. Ils sauront que vous êtes aux prises avec des pertes et des expériences bouleversantes, car vous le leur aurez déjà dit.

Si vous savez que votre partenaire et vos enfants sont au courant de votre BSO, ce sera probablement plus facile pour vous de reconnaître avoir eu un accès de colère, de leur présenter des excuses, de leur dire à quel point vous les aimez, de les rassurer que ce sont « vos affaires » et pas eux qui sont en cause, et que vous vous engagez à vous efforcer d’aller mieux.

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