Cahots, détours et culs-de-sac

Le chemin du deuil n’est ni rectiligne ni lisse. Il est généralement plus long qu’on s’y attendait. Il vous faudra du temps pour savoir de quoi vous avez besoin et ce qui fonctionne pour vous. Souvent, nos besoins et les solutions évoluent.

Trouver ce qui fonctionne

Les approches qui vous ont été utiles pour vous remettre d’une perte pourraient ne pas fonctionner dans un autre cas ou être utiles à un stade différent de votre deuil. Même si vous et une autre personne avez subi la même perte, cette expérience et ce qui pourra vous aider pourront être différents. C’est un fait que vous trouverez des cahots, des détours et des culs-de-sac sur votre chemin.

Le plan B, le plan C, le plan D…

Pour aborder votre deuil, vous devrez faire preuve de persévérance, d’adaptabilité et de souplesse. Tout comme lorsque vous avez été confronté·e à un obstacle au cours de votre carrière, si vous constatez qu’une approche que vous essayez d’adopter ne fonctionne pas, vous devrez peut-être marquer une pause, réévaluer la situation et essayer autre chose. Si le plan B ne fonctionne pas, quel pourrait être le plan C?

Essayez d’être à l’écoute de votre esprit et de votre corps. Avez-vous besoin de vous « décharger » en parlant à quelqu’un? Avez-vous besoin de temps pour réfléchir, à l’écart des autres, pour vous libérer l’esprit? Avez-vous besoin d’exercice, d’un repas sain? Avez-vous besoin d’aller au cinéma, à un événement sportif ou à un concert avec un·e ami·e? Avez-vous besoin de renouer avec d’autres personnes qui ont vécu une expérience semblable à la vôtre?

Quand les conversations ne mènent nulle part

Parfois, volontairement ou non, les gens évitent de parler des émotions, peut-être parce que cela leur semble difficile ou effrayant. Essayez de ne pas en faire une affaire personnelle. Bien des gens craignent de ne pas dire ce qu’il faudrait et d’empirer la situation. D’autres se sentent démuni·es et ne reconnaissent pas que leur présence ne vise pas à « réparer » les choses pour vous. Il est parfois utile de dire aux gens de quoi vous avez besoin. Expliquez que vous n’êtes pas à la recherche de conseils ni de solutions, que vous avez juste besoin qu’on vous écoute sans porter de jugement.

Vous pourriez aussi vous demander si d’autres personnes de votre cercle de connaissances seraient un meilleur choix pour ce genre de conversations. Qui pourrait se montrer ouvert·e à vous écouter? Qui a eu une bonne qualité d’écoute par le passé? Avec qui vous sentez-vous à l’aise?

Faire le cheminement

Chaque personne a un cheminement différent, et chaque chemin a ses surprises, ses virages et ses nids-de-poule. Prenez votre temps et faites-vous confiance.

J’ai commencé à ressentir et à compatir, ce que je n’avais jamais appris activement à faire pendant ma carrière militaire, parce qu’il fallait que je me concentre sur mon travail. Mais quand ma fille est née, j’ai dû réapprendre l’empathie, et ça m’a scié les jambes. Lentement, je me suis laissé devenir un peu plus sensible. Je réfléchissais davantage, et j’ai fini par avoir une perspective sur ce que j’avais vécu au Rwanda et ce que ça m’avait fait perdre. Puis je me suis rendu à la clinique BSO avec toutes ces choses qui me pesaient, et j’ai dit : « J’ai besoin d’aide. J’ai une enfant, et je suis en train d’échouer. » - La mort d’un collègue

Vous pourriez commencer par de petits pas en avant. Posez-vous cette question : « Quelle est la plus petite chose que je puisse faire aujourd’hui pour commencer à revivre vraiment ma vie? »

Quand vous sentez que vous tournez à vide

Il peut arriver que vous ayez essayé diverses façons d’approcher votre deuil depuis un certain temps, et que vous ayez l’impression de ne pas encore être rendu·e là où vous l’aviez souhaité. Si vous vous sentez coincé·e et que l’intensité de vos sentiments n’évolue pas, faites appel à un·e thérapeute possédant une formation spécialisée en matière de deuil.

Si vous avez vécu des traumatismes, recherchez une personne possédant une formation et de l’expérience dans le traitement des traumatismes et du deuil.