Toute la famille est engagée
Pour prendre soin du soldat, il faut prendre soin de sa famille, parce que c’est l’épouse qui va dire : « J’en ai assez, ce mode de vie m’épuise. Tu pars six mois par année, je n’en peux plus. » - Un·e membre de famille
Les membres des FAC et de la GRC savent qu’on leur demandera de faire des sacrifices en service. Quand ils et elles ont une relation sérieuse, leur partenaire s’engage sciemment à déménager souvent, à reconstruire un réseau social à chaque déménagement, à s’adapter au travail par postes, aux heures variables, à l’incertitude des jours de garde, aux longues séparations et aux dangers potentiellement mortels associés à l’emploi. Si cette personne ne fait pas partie du service ou n’a jamais fait partie d’une famille militaire ou policière, le fait de « savoir » et la réalité peuvent être deux choses très différentes, et l’ampleur du défi à relever peut susciter des sentiments de perte et de deuil.
Effets sur les enfants
Les enfants et les jeunes des familles de membres de la GRC et des FAC servent leur pays aussi et subissent les impacts du mode de vie policier ou militaire. Ils et elles sont confronté·es aux défis associés aux changements d’école, à l’obligation de laisser leurs ami·es et de s’en faire d’autres, et à la perte de contact avec un milieu familier pour pénétrer dans un territoire inexploré.
Les enfants peuvent se retrouver dans des situations qui les obligent à prendre parti pour le service dont leur parent (ou leurs parents) font partie. Les enfants s’ennuient de leur parent absent à des moments clés de leur vie et dans la vie quotidienne de leur famille, puis ils et elles doivent s’ajuster à son retour après une longue absence. La peur peut les tenailler quand leur parent est en déploiement ou en service.
Pour en savoir plus sur la réalité des enfants et des adolescents qui sont membres d’une famille ou policière, consultez L’aide aux enfants victimes de pertes liées au service.
« Je ne m’attendais pas à ce que ça se passe comme ça »
Il n’est pas rare que les tensions et, parfois, le ressentiment s’accumulent au cours des années de service actif.
Le ressentiment des membres de la famille peut avoir pour objet :
- les déménagements à répétition,
- la perte des ami·es et de la communauté qui accompagne chaque déménagement,
- toutes les activités familiales spéciales manquées (anniversaires, matchs de football, spectacles de danse),
- l’obligation de partager sa mère, son père, ou son ou sa partenaire avec le monde,
- les responsabilités supplémentaires associées à la monoparentalité,
- l’obligation de s’ajuster à la personne qui revient à la maison après une longue absence,
- les exigences et les sacrifices associés à la vie dans les FAC ou la GRC,
- les changements occasionnés à la personne par les expériences qu’elle a vécues en service.
La famille peut être endeuillée par les sacrifices que la vie dans les FAC ou la GRC lui a imposés, et ressentir le deuil de la vie qu’elle n’a pas eue et qu’elle voit d’autres familles vivre.
Ce ressentiment ne disparaît pas quand la personne quitte son emploi. Au contraire, les tensions peuvent se poursuivre au cours des années suivantes. Il faut parfois des efforts et de la détermination pour maintenir des relations familiales solides et sûres dans de telles conditions.