Les facteurs d’impact sur le deuil : les sentiments envers la société et les médias

Les critiques de ton service, quand tu les vois à la télé ou dans les réseaux sociaux, continuent d’être blessantes, parce que tu sais qu’il y a tellement de bonnes personnes qui travaillent là tous les jours, des gens qui ne font rien d’autre que ce qu’ils sont censés faire pour les autres. - Un·e vétéran·e de la GRC

La réaction de la société

Vous pourriez ressentir de la déception ou de la désillusion envers la société. Vous pourriez avoir l’impression que la population canadienne ou les médias ne comprennent rien et ne sont pas reconnaissants des sacrifices consentis par la personne décédée et par votre famille.

Vous avez peut-être subi des critiques de la part d’ami·es, de membres de votre famille ou d’autres personnes qui laissent entendre que ce décès est la conséquence d’un choix de carrière malavisé.

Un décès, c’est un décès. C’est toujours tragique de perdre quelqu’un. Mais les décès en service semblent attirer les critiques comme « Mais pourquoi est-il entré dans la GRC? » ou « Pourquoi est-il allé en Afghanistan? Il n’avait pas d’affaire là! », et un tas d’autres questions et commentaires stupides. - Un·e vétéran·e des forces armées
Tu sais, des fois, surtout depuis quelques années, la carrière policière est tout un défi. Qui se soucie du maintien de l’ordre? Et qui veut s’en soucier? L’idée, c’est d’éviter de tomber dans le piège du narcissisme nihiliste ambiant. Des fois, c’est pas facile. Tu peux me croire. - Un·e vétéran·e de la GRC

Les journalistes et les réseaux sociaux

C’est une réalité de notre temps : les journalistes s’intéressent aux morts en service et à celles qui peuvent susciter la controverse.  Il peut aussi être irritant de voir d’autres personnes raconter l’histoire de votre famille dans les réseaux sociaux.

Nous sommes rentrés à la maison et la presse occupait toute la pelouse, parce qu’il avait été le premier soldat de notre ville à être tué en Afghanistan. Ça a été très éprouvant pour nous, en particulier pour ma femme. - Un·e membre de famille
À l’époque, j’ai eu de l’aide de mon beau-frère, qui a été un bon ami toute ma vie. Il a coordonné les rencontres avec la presse et il s’en est occupé. Une fois, les choses commençaient à mal tourner, et mon beau-frère a dit : « Écoutez, je pense que ça va être tout pour aujourd’hui. » Il a établi les limites, ce qui était vraiment formidable. - Un·e membre de famille
  • Des images et des détails éprouvants peuvent être intégrés au « cycle de l’actualité » pendant des jours, voire plus longtemps encore, selon la nature de l’événement.
  • Les nouvelles qui refont surface, même des années plus tard, peuvent déclencher des vagues de deuil inattendues.
  • Les médias peuvent fouiller dans vos comptes de réseaux sociaux pour y trouver des photos et d’autres informations à utiliser dans leurs nouvelles.
  • Des particuliers peuvent découvrir vos comptes dans les réseaux sociaux et vous harceler ou vous laisser des messages irrespectueux.
  • Des étrangers peuvent raconter ou reprendre votre histoire dans les réseaux sociaux, d’une manière inexacte ou contraire à ce que vous auriez voulu.
J'ai subi une atteinte à ma vie privée. À travers WikiLeaks, le monde entier en a appris beaucoup plus sur ce qui est arrivé à mon mari. Ce n'est pas comme ça que les choses devraient se passer. C'était l'histoire de mon mari et la mienne. Je devrais pouvoir choisir ce qu’on me dit, quand on me le dit et qui peut être mis au courant. - Un·e membre de famille