Réactions courantes

Même si le deuil est personnel, certaines réactions accompagnent souvent des pertes de ce genre. Vous pourriez les reconnaître en vous-même ou chez vos collègues.

Évitement

Je me voyais développer des habitudes et des traits de caractère négatifs. Je n’affrontais pas ce que j’avais vécu; je le repoussais en fumant de l’herbe, mais aussi en consacrant toute mon attention à être une personne exceptionnelle. Et il y avait plein de gars qui avaient tout perdu comme moi. Ma vie personnelle était disparue. Tout ce qui me restait, c’était le travail et l’herbe. - Un·e vétéran·e des forces armées

L’évitement est un moyen par lequel nous essayons de nous protéger contre les sentiments douloureux. Même si vous cherchez désespérément à éviter certains souvenirs et certaines émotions, l’évitement peut susciter un sentiment d’isolement, d’aliénation et d’incapacité à entrer en relation avec vous-même, avec les autres et avec votre vie. Il peut vous « coincer » dans ces sentiments difficiles.

Insouciance, automédication et autosabotage

Nous avons vu les pires événements de la guerre, et ça a certainement fait des ravages. Je pense que chaque affectation m’érodait un peu plus […] Alors tu dresses des murs pour te protéger, sans vraiment savoir que tu le fais, tu vois? Ton humour devient super-noir, et pour ressentir n’importe quoi d’autre que de la tristesse et de la colère quand tu ne fais pas des activités qui te donnent des montées d’adrénaline, tu bois comme un trou ou tu fais des choses très risquées. - Un·e vétéran·e des forces armées

Vous consommez peut-être de l’alcool ou de la drogue pour tenter d’engourdir votre deuil. C’est ce qu’on appelle parfois l’« automédication ». Les comportements risqués et destructeurs peuvent aussi être une tentative inconsciente de vous infliger les mauvais traitements et l’autopunition qu’une part de vous pense que vous méritez.

L’autosabotage consiste à faire, consciemment ou non, des choses qui compromettent notre bien-être. Il exprime souvent la profondeur de notre deuil, de nos traumatismes et de nos blessures morales. Ces comportements sont des moyens pour des parties de nous-mêmes d’attirer notre attention pour que nous traitions la douleur sous-jacente. Le fait de reconnaître et d’avouer que vos tentatives de vous engourdir ou de vous punir résultent de votre besoin de soulager la douleur de votre blessure morale peut vous mener à des moyens de vous rétablir.

Le retrait et l’isolement

Vous pourriez vous rendre compte que vous vous éloignez de vos proches et d’autres éléments de votre vie.  Peut-être que vous vous distrayez en regardant la télé, en jouant à des jeux vidéo ou en magasinant en ligne pendant des heures et des heures, ou en vous livrant à d’autres activités pour éviter vos pensées et vos sentiments pénibles. Vous vous dites peut-être que vous ne méritez pas de fréquenter les autres à cause de ce que vous avez vécu, ou vous sentez que votre entourage ne pourrait pas accepter ou comprendre ce que vous vivez ou avez vécu.

Si l’isolement peut offrir un certain soulagement temporaire, avec le temps, la perte des liens avec votre entourage peut occasionner un sentiment de solitude qui rendra votre détresse encore plus difficile à supporter. Entrer en contact avec des personnes de confiance prêtes à vous épauler pourrait être l’un des moyens les plus efficaces de faire face à votre deuil.