Votre relation

Votre perte et votre deuil dépendent de la place de cette personne dans votre vie et dans votre famille :

Conjoint·e

Nous avions tellement de projets d’avenir. Nous étions prêts à parler de ce que nous voulions faire après sa retraite. Alors ça m’a paru si normal et si facile de continuer à vivre comme s’il était encore en Afghanistan. L’autre éventualité – le fait qu’il était mort – était impossible à accepter. Il n’allait jamais revenir? Comment pourrais-je? Je ne pouvais pas imaginer ma vie sans lui. - Un·e membre de famille

Le décès de votre conjoint·e ou partenaire peut changer votre image de vous-même et celle que les autres ont de vous. Le passage de la vie de couple à la vie de célibataire demande du temps et des efforts vu les pertes auxquelles vous et votre entourage devez vous adapter et la transformation des rôles et des relations. Cela peut vous amener à perdre votre logement et votre bien-être financier, à déménager, à inscrire vos enfants à une autre école, loin de leurs ami·es, alors que toute la famille doit s’adapter à une énorme perte.

Pour approfondir le sujet, voir le module Faire son deuil de son mari, de sa femme ou d'un·e conjoint·e sur MonDeuil.ca.

Un soldat qui vivait dans notre quartier a été tué au combat. Le lendemain de l’annonce de sa mort dans les médias, sa femme et ses enfants ont déménagé, et nous ne les avons jamais revus. Ça m’a fait une impression bizarre. - Un·e membre de la communauté

Si vous avez des enfants, n’oubliez pas que chacun·e a eu sa propre relation, unique, avec votre conjoint·e. Vos enfants, jeunes ou adultes, se sentent elles et eux aussi abandonné·es ou désemparé·es.

Vous êtes peut-être devenu·e le seul parent de jeunes enfants. Cette situation n’est jamais facile. Vous consacrez une part de votre énergie à composer avec votre propre deuil, mais devez accompagner vos enfants dans le leur en plus d’assumer seul.e les responsabilités et les tâches ménagères et familiales.

Bien qu’il il soit normal et important d’accorder une grande part de votre attention à vos enfants, il est aussi essentiel de trouver le moyen de faire face à votre propre deuil et de préserver votre santé physique et psychologique. 

Parent

Maman nous a amenés dans le salon. Il y avait des gens en uniforme. « Papa est parti. » J’étais sans voix. Dévastée. Je ne m’attendais pas à ça. Les quelques jours qui ont suivi ont été très bizarres. Maman recevait des messages de gens sortis de nulle part, et nous, nous essayions de l’aider le mieux possible. À la fois réconfortant, accablant et… bizarre. Des plats préparés et de la lasagne. Je me souviens d’avoir eu du mal à dormir la première nuit. - Un·e membre de famille

Comme vous aviez une relation unique avec votre parent, il se peut que vous ne viviez pas votre deuil de la même façon que vos frères, vos sœurs, votre autre parent ou d’autres membres de votre famille. Il faut parfois du temps pour prendre conscience des couches de pertes qui accompagnent un décès.

Pour approfondir le sujet, voir le module Faire son deuil d’un parent sur MonDeuil.ca.

Enfant

La mort d’un·e enfant, à tout âge, peut bouleverser l’idée que les enfants survivent à leurs parents et causer un profond chamboulement. Quand un·e enfant adulte meurt en service, en plus de vivre le deuil de la personne décédée, les membres de sa famille peuvent voir leurs rôles et leurs relations changer.

Vous pourriez éprouver vous-même le deuil des accomplissements et des expériences que votre enfant n’aura pas la chance de vivre. Vous pourriez éprouver du ressentiment et de la colère face à l’impossibilité de voir votre enfant récompensé·e de ses efforts et de son travail acharné. Cette situation peut être particulièrement difficile quand vous voyez les autres progresser dans la vie.

Tu vois les enfants d’autres personnes se marier ou avoir des enfants, et tu sais que ça n’arrivera jamais à ton enfant à toi. Tu dois y faire face, parce que ça ne va jamais disparaître. Je suis profondément heureux pour ces gens-là, mais c’est chiant, ça me fait mal, puis je les envie. Tu es content pour eux, puis tu les détestes presque en même temps. C’est encore plus dur de voir sa fiancée vivre d’autres relations et avoir des enfants. Tu te dis : « Ça aurait dû être lui. » - Un·e membre de famille

Les autres enfants

Si vous avez d’autres enfants, vous pourriez éprouver de la difficulté à être un bon parent pour eux.

Si un enfant perd son frère ou sa sœur, il perd ses parents aussi. Je ne suis plus la même mère pour mon autre fils que quand Alex était en vie. Au début, j’étais mentalement ou émotionnellement absente. Bien sûr, je m’occupais des repas – physiquement, j’assurais –, mais je n’étais pas vraiment présente. Je savais qu’il souffrait, mais je n’avais pas la capacité mentale de le comprendre ou de l’aider. Avec le temps, ça a changé : maintenant, je suis là pour lui. Mais je ne suis toujours pas la même maman qu’avant la mort de mon fils. - Un·e membre de famille

Pour approfondir le sujet, voir le module Faire son deuil d’un enfant sur MonDeuil.ca.

Frère ou sœur

C’était très dur pour mes parents, mais j’avais perdu la personne que j’avais toujours admirée : mon grand frère. J’avais l’impression que mon deuil n’avait pas autant d’importance que le leur, mais j’ai ressenti un grand vide quand il n’est pas rentré chez nous. - Un·e membre de famille

La mort d’une sœur ou d’un frère est une dure épreuve, mais les gens ont souvent tendance à minorer la chose. Votre expérience dépend de votre relation avec la personne et de la place de chacun·e de vous deux dans la vie de l’autre.

Pour approfondir le sujet, voir le module Faire son deuil d’un frère ou d’une sœur sur MonDeuil.ca.

La mort en service d’un·e ami·e

Souvent, les familles de membres des FAC ou de la GRC développent des liens mutuels solides. La mort en service d’un·e ami·e peut avoir un effet dévastateur. Il faut à la fois s’adapter à cette perte et chercher un moyen d’épauler la famille.

On a toujours conscience des dangers que vit un·e membre de sa famille dans les FAC ou la GRC, mais quand la mort frappe une personne que vous connaissez bien, ces dangers se concrétisent et font remonter vos propres craintes à la surface.

Si la famille rompt ses liens avec les FAC ou la GRC à cause du décès, ou si elle déménage rapidement, cela peut ajouter d’autres couches de perte et de deuil. Selon la nature de vos relations avec la famille, vous pourriez avoir l’impression d’avoir perdu, à la fois, une partie de votre système d’entraide et l’occasion d’épauler cette famille.