Quand votre entourage ne reconnaît pas votre deuil

À mon retour du déploiement, je me suis retrouvé tout seul et vraiment isolé, parce que ma femme et mes amis ne l’avaient pas connu, ils ne comprenaient pas ce que j’avais vécu quand il est mort comme il est mort […] ça a été difficile parce qu’il n’y avait personne à qui je puisse raconter mon histoire. Et je me disais : « De toute façon, personne ne va respecter ou reconnaître mon histoire. » Il n’y a qu’à regarder notre mode de vie canadien pour se rendre compte que 99 % des Canadiens ne savent rien. J’ai perdu mon ami, mais vous ne le savez même pas. - Un·e vétéran·e des forces armées

Les relations qui s’établissent dans les FAC ou la GRC ont quelque chose de familial; elles sont renforcées par les expériences communes. La douleur de perdre son frère ou sa sœur en devoir peut être très profonde, mais il est difficile pour des civils de savoir à quel point la perte vous affecte. Si vous ne connaissiez pas personnellement la personne qui est morte en devoir, les civils auront encore plus de mal à comprendre. Quand votre entourage ne reconnaît pas votre deuil, on parle d’un deuil interdit ou non reconnu.

Vous pouvez avoir l’impression de porter un fardeau énorme, mais invisible pour tous les autres. Il peut en résulter un sentiment d’isolement et de la difficulté à demander de l’aide.

Votre deuil pourrait aussi devenir interdit si vous estimez que les FAC ou la GRC n’ont pas suffisamment souligné le décès ou honoré la personne et évoqué sa mémoire et que l’organisation n’a pas reconnu le deuil que vous et d’autres ressentez. Vous vous dites peut-être que le Canada et ses citoyen·nes échouent à souligner adéquatement le sacrifice que font les membres des forces militaires ou policières quand ils trouvent la mort, ainsi que les impacts de ce sacrifice sur les familles. Ces réflexions peuvent alimenter votre deuil non reconnu.